A propos de l’ostéopathie

Histoire

Du grec osteon, « os », et pathos, « affection », l’ostéopathie est un système diagnostique et thérapeutique développé par le médecin américain Andrew Taylor Still. Fils de pasteur né en 1828 en Virginie, il se confronta durant la Guerre de Sécession à la difficulté de soulager ses semblables, puis perdit en 1865 trois de ses enfants de méningite cérébro-spinale. Obsédé par l’idée de soigner plus efficacement, il se plongea dans l’étude de l’anatomie. Développant sa palpation, il parvint en 1874 à guérir un enfant atteint de dysenterie en n’utilisant que ses mains.

Une vision, dit-il, lui confirma que l’homme avait été créé avec « tous les fluides et tous les onguents » lui permettant de s’auto-guérir, et que le devoir du praticien était d’ajuster le système, afin que « les fleuves de vie puissent s’écouler et irriguer les champs desséchés ».

Andrew Taylor Still était un homme profondément spirituel qui avait une vision sacrée du vivant. Sa discipline prit de l’ampleur à la fin des années 1890. Still mourut en 1917.

John Martin Littlejohn, l’un de ses élèves, introduit l’ostéopathie en Europe en fondant en 1917 à Londres la British School of Osteopathy.

Le Parlement européen adopte une résolution en faveur des médecines alternatives en 2002.

En France, l'ostéopathie est reconnue par la promulgation de la loi n°2003-303 du 4 mars 2002.

Les décrets permettant la mise en application de la loi furent publiés en mars 2007 et modifiés pour leur volet formation en septembre et décembre 2014.

Andrew Taylor Still

Fondements

Notre forme dépend autant de notre système neurovégétatif (nos organes intérieurs) que de notre système neurosensoriel (nos émotions et notre environnement). Nous évoluons dans un champ d’information qui est continuellement en mouvement. Face à une difficulté, notre mental le fige. L’émotion est mise à distance, elle n’est pas métabolisée : un kyste d’énergie se crée. Derrière chaque inflammation, se cache une compression aussi bien mécanique que psychique.

En temps normal, le système a une capacité énorme de digestion des informations, y compris émotionnelles.

Mais en fonction des circonstances, ou de la puissance du choc, ou de la répétition d’un système, il peut ne plus y parvenir.

En identifiant cette compression puis en redonnant de l’espace et du mouvement aux tissus, l’ostéopathe libère les forces de santé. L’être retrouve son potentiel originel. L’architecture d’un corps peut s’apparenter à celui  d’un temple y compris dans sa dimension sacrée.

Les principes de base de l’ostéopathie sont : un corps un et indivisible, sa capacité à s’auto-guérir, et l’interrelation de la structure et de la fonction. 

Un corps un et indivisible

Le corps humain est constitué de parties fonctionnant en étroite interdépendance. Il existe au sein du corps un tissu omniprésent "le tissu conjonctif, ou fascia", assurant à la fois la structuration de l'organisme, la conduction des flux liquidiens ainsi que le support pour les vaisseaux, les nerfs et autres fibres conductrices.

Ce tissu est disséminé dans le corps comme une toile d'araignée qui détient la clé des lignes de communication de l'organisme et en fait une unité fonctionnelle.

Si ce tissu de soutien est perturbé, il altère la circulation des fluides (sang, lymphe, liquides non collectés, influx nerveux, etc.) et peut ainsi être à l'origine de beaucoup de pathologies.

L'ostéopathie n'est pas une thérapeutique exclusive, mais un des piliers déjà intégré au sein d'équipes orientées vers la santé, tournées vers la considération de l'être dans sa totalité, tant dans les services hospitaliers privés que publiques (par exemple à l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris A.P.H.P.).

Capacité d’auto-guérison

Still disait : « Trouver la santé devrait être l'objectif du docteur. N'importe qui peut trouver la maladie. » 

Le fondement même de la vie, c'est la santé. L'ostéopathe recherche la santé, travaille avec ce concept, plutôt qu'avec l'idée de maladie.

L'ostéopathe cherche à rétablir les fonctions mécaniques et physiologiques de son patient en permettant à l'organisme de trouver les ressources nécessaires pour recréer un équilibre. 

La démarche de l'ostéopathe est de chercher les éléments entravant les processus physiologiques, puis de les réajuster et enfin de laisser la sagesse du corps faire l'essentiel pour rétablir son équilibre et sa santé. Aucun praticien n'a jamais guéri un patient.

Voilà ce qu'écrit Viola Frymann : «Moi le praticien, je ne peux guérir la plus simple des blessures, mais je peux nettoyer la plaie et enlever les débris, en rapprocher les bords et empêcher la contamination. Je ne peux guérir la fracture, mais en rétablissant une relation anatomique normale et en la protégeant des mouvements traumatisants, je procure à la fracture les meilleures conditions pour les processus de réparation. Il peut être nécessaire d'enlever une tumeur ou un calcul ou quelque autre entité pathologique, mais une fois cela fait, le chirurgien doit se fier à son invisible allié chez le patient, pour mettre en œuvre les processus de guérison».

Interrelation de la structure et de la fonction

La maladie est le résultat d'anomalies anatomiques auxquelles succède le désordre physiologique.
Un nerf gêné dans son parcours par une compression ou une distorsion altèrera sa fonction de transmission. Un vaisseau sanguin ou lymphatique comprimé ne pourra assurer sa fonction correctement.
L'ostéopathe cherche donc, au sein des structures du corps, celles qui ne présentent pas un degré de mobilité suffisant, dans le but de les libérer pour permettre à la ou les fonctions qui en dépendent d'être assurées normalement.

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Il s’agit tant des fonctions végétatives comme la circulation, la respiration, la digestion… que les activités telles que la pensée, la sensation, l’expression créatrice, la méditation et l’aspiration spirituelle. 

A la lumière d'une bonne connaissance de l'anatomie et de la physiologie, le praticien utilisera une écoute attentive (auditive, observationnelle, intuitive, perceptive) de l’histoire du patient. C’est un premier fil d'Ariane vers une compréhension des phénomènes que présente le  patient. Cette écoute s’apparente à un art. Différentes causes peuvent se conjuguer, issues de plusieurs origines: 

  • un passé traumatique ayant induit des blocages mécaniques

  • des habitudes alimentaires déséquilibrées,

  • l'abus de toxiques de tous genres, y compris le médicament,

  • le surmenage tant physique qu'intellectuel,

  • le stress et la détresse morale, intellectuelle et spirituelle.

Il est nécessaire de reconnaître ces sources afin de les améliorer.

Indications de l’ostéopathie

Prévention

L’installation des déséquilibres est longtemps muette avant de donner des symptômes.

Un contrôle régulier et préventif dont la fréquence est à déterminer au cas par cas a pour but d’éviter ou de réduire l’apparition, le développement et la gravité des dysfonctionnements conduisant à la maladie.

Motifs de consultation

A défaut de prévention, nous allons dresser une esquisse du panorama des indications courantes :

  • Douleurs ou inconforts musculo-squelettiques ou articulaires,

  • Névralgie, Sciatique, cruralgie…

  • Problème de posture

  • Fatigue

  • Stress, anxiété, dépression

  • Troubles du sommeil

  • Troubles digestifs, urinaires, gynécologiques

  • Migraine ou maux de têtes

  • Vertiges, acouphènes

  • Infections chroniques

  • Troubles de la circulation : jambes lourdes, hémorroïdes

  • Accompagnement avant et après une intervention chirurgicale

Périnatalité

Pré conception

 

Problème de fertilité chez l’homme et chez la femme

Lorsque l’enfant tarde à venir, certains troubles de la fertilité, tant chez l’homme que chez la femme, peuvent être vus en ostéopathie.

Basée sur des connaissances approfondies en physiologie et en anatomie, l’ostéopathie cherche à libérer les tensions de la sphère pelvienne et améliorer la régulation hormonale concernée. Ceci peut redonner aux organes en jeu leur liberté fonctionnelle, favoriser la conception et l’implantation du fœtus.

Ainsi, la nature reprend le dessus dans toute sa puissance.

Pré natal

L’ostéopathie peut-être utile à la femme enceinte pour accompagner les changements physiologiques auxquels elle aura à faire face tout au long de la grossesse, ainsi que ceux du bébé à venir. La croissance du bébé et de l’utérus peuvent entrainer certains inconforts comme :

  • Nausées, troubles et inconfort digestifs

  • Problèmes de sommeil

  • Douleurs au dos, au bassin, à la symphyse pubienne, au coccyx

  • Engourdissement des mains

  • Œdème des jambes et des pieds

  • Difficulté respiratoire

  • Troubles périnéaux, incontinence

Chaque grossesse est différente et chaque femme s’adapte différemment à cet état. Certaines ne manifesteront pas de troubles ou de maux et leur posture s’adaptera sans contrainte. Dans ce cas, la consultation ostéopathique n’est donc pas automatique au cours de la grossesse, cependant il est conseillé de consulter au 8ème mois pour la préparation à l’accouchement (positionnement du bébé, diminuer les facteurs responsables du retard d’accouchement ou du travail précoce).

Pour ce qui est du bébé, il est important de veiller à la liberté des structures l’enveloppant (utérus, bassin, plancher pelvien), car un grand nombre des problématiques rencontrées sont liées à une position intra-utérine manquant de mobilité, de liberté ou d’harmonie.

Le but est de favoriser une cohabitation harmonieuse entre la maman et le bébé tout au long de la gestation et de préparer chacun d’eux à l’accouchement.

Post natal

 

Pour la maman, l’accouchement est un moment haut en intensité physique et émotionnelle. La puissance des contractions, les sollicitations au niveau du bassin et du plancher pelvien, les variations hormonales et le site de la péridurale ou de l’épisiotomie sont autant de stress influençant la récupération de la maman en post-partum.

Les troubles les plus couramment rencontrés sont : 

  • Difficulté d’allaitement

  • Douleurs au dos, bassin, douleurs articulaires liés à l’allaitement ou à l’accouchement

  • Fatigue

  • Stress, anxiété, dépression post-partum et fatigue

  • Maux de têtes, migraine

  • Incontinence urinaire

  • Douleur cicatrice césarienne, épisiotomie ou déchirure

  • Déséquilibre hormonal

 

Plus la prise en charge des inconforts se fait rapidement, plus vite la maman retrouve son énergie. Toute sa disponibilité profite à son enfant.

Nouveau né

La naissance est un moment émouvant et non moins intense pour le nouveau-né. Ce passage de la vie intra-utérine à la vie aérienne peut laisser des tensions et créer des blocages ayant des répercussions sur sa qualité de vie.

En effet les modifications anatomiques et physiologiques, cardio-respiratoires et métaboliques sont une épreuve des plus importantes si ce n’est la plus importante de sa vie à venir.

En ostéopathie, nous portons une attention particulière à toutes les répercussions de la naissance tant au niveau physique qu’émotionnel.

Une consultation en ostéopathie peut s’effectuer dés les premiers jours de vie du bébé c’est pourquoi de plus en plus de maternité propose aux jeunes parents l’intervention d’ostéopathe qualifié. Elle doit être d’autant plus précoce si la naissance a été difficile ( forceps, ventouse, travail long ou court, césarienne ).

Si des troubles de l’allaitement se présentent ( difficulté de succion ou déglutition, difficulté de position, douleurs lors de l’allaitement), la consultation doit intervenir rapidement.

Si tout se passe bien du côté de l’allaitement, l’idéal est de voir le bébé dans les cinq premières semaines sans urgence.

Comme toutes les tensions ou restrictions sont visibles dès les premières semaines, elles peuvent être prises en charge au plus vite sans les laisser s’installer avec la série d’inconforts qui les accompagnent :

  • il tourne souvent/toujours la tête du même côté et dort toujours du même côté;

  • il présente un méplat ou une déformation du crâne (asymétrie crânienne ou crânio-faciale, plagiocéphalie…)

  • il use ses cheveux derrière la tête de façon asymétrique

  • il se cambre en arrière lorsqu’on le prend dans les bras ou pendant la tétéeil est crispé (bras et/ou mains raides)

  • il est atone et a du mal à tenir sa tête

  • il pleure tout le temps

  • il dort très peu

  • il régurgite

  • il ne digère pas et il est agité après la tétée

  • il a du mal ou met un temps infini à téter

  • la maman allaitante a des crevasses 

  • il a une mauvaise position et/ou une asymétrie des hanches, des membres inférieurs ou des pieds (pieds bots)

  • il met toujours un ou les bras en arrière

  • il tire tout le temps la langue ou au contraire ne la sort jamais

  • il garde un strabisme divergent ou convergent de façon permanente

  • son canal lacrymal est bouché.

Nous travaillons ensuite en collaboration avec les parents, leur indiquant les exercices précis les plus adéquats à faire au quotidien afin d’optimiser la démarche, les rendant ainsi plus autonomes.

Enfance / Adolescence

  • Système immunitaire affaibli (rhumes ou otites à répétition, problèmes respiratoires récurrents…) 

  • Douleur de croissance

  • Troubles digestifs

  • Sommeil perturbé

  • Maux de tête

  • Stress, anxiété, 

L’ostéopathie est une thérapie de choix pour corriger les séquelles des traumatismes des chutes ou accidents.

  • Accompagnement des traitements orthodontiques

Les troubles de la statique chez l’enfant (scoliose, lordose, cyphose) sont le signe d’une mauvaise adaptation du corps. Les causes, qui peuvent être viscérales, traumatiques, crâniennes, seront déterminées par un diagnostic ostéopathique spécifique avec une analyse précise de la posture. Des techniques de correction adaptées amélioreront ces troubles vertébraux.

La collaboration avec d’autres professions de santé est souvent nécessaire.

De l’apprentissage de la marche à la petite enfance puis à l’adolescence l’ostéopathie aide l’enfant à trouver un équilibre. Il est important d’apprendre à observer son enfant et l’écouter, une plainte répétée doit vous alerter :

Un suivi ostéopathique régulier au cours des soins dentaires est nécessaire pour pallier à ces maux, contrôler et guider les réactions du crâne et du corps.

  • ​Accompagnement des traitements des pathologies orthopédiques

De nombreux orthodontistes travaillent en collaboration avec les ostéopathes pour la réussite du traitement et pour le confort de l’enfant.

L’appareil orthodontique prend appui sur les structures du crâne pour faire levier sur la mâchoire et les dents

Ces contraintes peuvent provoquer : maux de tête, maux de dos, vertiges, troubles visuels, difficultés de concentration, modification de l’humeur.

  • Accompagnement de la scolarité

L’enfant souvent décelé à l’école comme “ne tenant pas en place, rêveur, manquant de concentration, est souvent porteur de tensions physique.

Un suivi ostéopathique lui permettra de retrouver une posture plus libre ce qui l’aidera à mieux se concentrer et d’être ainsi plus attentif. 

Santé des femmes

  • Ménopause

  • Syndrome prémenstruel 

  • Douleurs menstruelles

  • Déséquilibre hormonal

  • Incontinence urinaire

  • Douleur aux relations sexuelles

Cancer

Post trauma de l’annonce et des traitements

 

- anxiété, troubles du sommeil

- altération de l’unité corporelle

- étrangeté du corps

Post chirurgie

- Adhérence cicatricielle

- Limitation d’amplitude articulaire

- Œdème

Durant la radiothérapie, la chimiothérapie

 

- Raideur articulaire

- neuropathie périphérique

- nausée, vomissement, trouble du transit

- réduction d’amplitude ventilatoire

- brûlure de la zone irradiée